Liban, Iran, Gaza : le grand jeu du « ni guerre ni paix », enquête sur des cessez‑le‑feu qui n’en sont pas

Liban, Iran, Gaza : le grand jeu du « ni guerre ni paix », enquête sur des cessez‑le‑feu qui n’en sont pas

Ils s’appellent cessez‑le‑feu. Mais à Gaza, au Liban et entre Washington et Téhéran, la « trêve » ressemble chaque jour davantage à un théâtre où la guerre continue sous un autre nom. Ceux qui sont censés déposer les armes ne font que les déplacer.

Gaza : 932 morts et 60 % du territoire sous contrôle israélien

Depuis l’accord d’octobre 2025, rien ne s’est passé comme prévu. Les autorités palestiniennes dénombrent au moins 932 Palestiniens tués par des frappes israéliennes – une moyenne de plus de 40 par semaine. Sur le terrain, l’armée israélienne contrôle désormais 60 % de la bande de Gaza, soit 10 points de plus qu’au moment de la signature de l’accord. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a récemment annoncé son intention d’étendre encore cette occupation.

Rien n’a avancé. Le Hamas refuse de déposer les armes, la force de stabilisation internationale promise n’a jamais vu le jour, les centaines de milliers de déplacés survivent toujours sous des tentes envahies par les eaux usées. Chaque partie accuse l’autre de violer la trêve. Pendant ce temps, les morts s’accumulent et les frontières avancent.

Liban : la forteresse des Croisés tombe, la guerre s’étend

Au Liban, le scénario est presque identique. L’armée israélienne a lancé ces derniers jours sa pénétration la plus profonde en 26 ans, capturant le château de Beaufort, place forte historique des Croisés. En représailles, le Hezbollah a pilonné le nord d’Israël avec des roquettes toujours plus loin. “Chaque fois que nous rentrons chez nous, une nouvelle alerte nous ordonne de repartir”, raconte Faten Al Chehime, déplacée de la banlieue sud de Beyrouth. Près de 1,2 million de Libanais ont été déplacés.

Officiellement, un cessez‑le‑feu est en vigueur. Officieusement, les chars et les drones ne cessent de grignoter le terrain. Pour l’Iran, le Liban est une ligne rouge : Téhéran a fait savoir qu’une violation de la trêve sur le front libanais équivaudrait à une rupture de l’accord sur tous les fronts, y compris le dossier nucléaire.

Ormuz : l’étau se resserre

Le conflit régional a une artère vitale : le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Aujourd’hui encore, l’Iran le maintient en partie fermé, tandis que les États‑Unis durcissent leur blocus naval. Le président américain Donald Trump assure qu’un accord avec Téhéran est « imminent » – une promesse répétée depuis mars. L’Iran, lui, réclame d’abord un arrêt total des frappes israéliennes au Liban. L’attente dure, et les prix du pétrole repartent à la hausse.

Les cessez‑le‑feu, à Gaza comme au Liban comme dans le Golfe, n’ont pas mis fin à la guerre. Ils l’ont seulement rendue moins visible, plus diffuse, plus insidieuse – une forme de violence bureaucratique qui tue sans déclaration de guerre et vide le mot « trêve » de son sens.

Sources et références :

Arab News – « The ceasefires in Gaza, Lebanon and Iran are stretching the term’s meaning », 2 juin 2026.

The Shillong Times – « Ceasefires fray across Gaza, Lebanon and Iran », 3 juin 2026.

GDNonline – « Iran studying deal to halt war, as Trump says talks going on », 3 juin 2026.

#Iran #Gaza #Liban #CessezLeFeu #Trump #DétroitOrmuz

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