En ce mois de juillet, quelques jours avant la rédaction de cet article, la chaîne Medi 1 TV a diffusé, dans le cadre de son émission francophone « Frontale », animée par le journaliste Aziz Boucetta, un débat intellectuel qui semblait avoir disparu de la scène médiatique marocaine, à l’exception de quelques chaînes YouTube. Ce débat a réuni deux personnalités marocaines bien connues, aux orientations intellectuelles divergentes. Cependant, avant de démanteler ce moment rare de l’histoire des médias marocains contemporains — ou quand on pourra —, il convient de souligner les éléments suivants :
- Le dialogue était en français, or qui n’est pas une langue nationale, mais plutôt la langue du colonisateur, et cela aurait pu être évité, mais la nature du programme imposait cette langue, et compte tenu de la nature des invités qui sont souvent francophone, bilingues ou multilingues. Pour référence, l’émission a été doublée (Doublage) en anglais et en arabe avec l’intelligence artificielle, mais certaines significations manquaient de précision ou l’intelligence artificielle a été décalée dans leur traduction, en particulier en arabe; vérifiées par Dr Lahlou comme il s’est exprimé sur son compte, et les a revérifier, et peut-être qu’on aura l’occasion de voir une bonne version dans les prochains jours, particulièrement en arabe.
- La langue arabe aurait pu donner des vues de plus en plus larges du programme, d’autant plus qu’il s’agit d’une émission d’élite, et que la majorité des Marocains ont des barrières linguistiques, surtout avec la langue française. Ceux qui suivent ses épisodes trouvent que le nombre de vues ne dépassent pas quelques milliers et parfois ne dépassent pas une centaine de vues. L’exception de cet épisode, en langue française, a dépassé 200 000 vues actuellement, bien que les vues ne soient pas un indicateur permanent de qualité, mais de temps en temps, elle reflète la bonne.
- Ceux qui ont regardé l’émission savent que ce type de confrontation intellectuelle, et affronter l’idée par une autre, a presque disparu de l’arène médiatique national, en particulier sur les questions controversées, intellectuelles, identitaires, morales ou autres liées directement au citoyen marocain.
- Le but principal n’est pas toujours d’évaluer les gens ou de critiquer les idées, mais l’objectif est de favoriser le dialogue, l’échange, et de mettre de côté les différences, de donner au citoyen un espace d’examiner et d’écouter les différentes opinions. En fin de compte, c’est le citoyen qui a le dernier mot, et c’est lui seul qui distinguera entre la médiocrité et la qualité.
Nous devons souligner d’emblée que le Dr Talal Lahlou est un économiste et spécialiste de la finance islamique, qu’il a apporté des contributions académiques ainsi que des approches analytiques, et a participé à de nombreux débats dans les trois langues : l’arabe, le français et l’anglais.
Ahmed Assid est un militant amazigh, écrivain, chercheur, défenseur des droits de l’Homme, de l’identité et de la langue. Il est connu pour ses interventions controversées et son soutien aux causes de la modernité et d’illumination.
Quant au sujet de l’épisode intitulé « Le Maroc en mutation : entre racines et ruptures » ou « Morocco in Transformation : Between Roots and Ruptures », la discussion s’est déroulée comme suit :
Le dialogue était caractérisé par un souffle intellectuel mature clair, mais à beaucoup de ses moments, il semblait inégal en termes de structure argumentative et de référence académique. Talal Lahlou a fait preuve de constance, et tout au long du programme a été caractérisé par son calme, la maîtrise linguistique, et a basé ses propositions sur des références académiques et des statistiques économiques précises, ce qui a valu à ses interventions un poids scientifique général et une attractivité intellectuelle pour le téléspectateur assoiffé de références, même parmi ses opposants idéologiques, et c’est une vérité incontestable.
D’autre part, Ahmed Assid semblait généralement avait une aisance dans la rhétorique, mais son langage manquait de fondements cognitifs rigoureux, ce qui faisait que certains observateurs considéraient son discours moins constructif et plus proche à des souhaits personnels ou désirs plutôt que d’une démonstration factuelle.
Les réactions de certains intellectuels et partisans de Talal Lahlou le considéraient comme un victorieux par l’argument, pas seulement par la voix, et qu’il a opposé l’idée à une autre, tout en offrant une critique raisonnée et civilisée. De nombreuses voix critiques – nous nous intéressons ici aux idées, pas aux noms – sont également signalées qu’Assid, bien qu’il ait parfois été confus, mais il a soulevé une question primordiale lorsqu’il a parlé sur la nécessité d’un débat national inclusif qui transcende les divisions idéologiques. Une autre voix a ajouté que malgré a performance du discours et du langage excellents de Talal Lahlou, cela ne lui dispense pas de remettre en question ses antécédents de référence, et il a également souligné que l’expression moins fluide d’Ahmed Assid en français, lui était l’un des obstacles pour établir une communication efficace.
Nous essayons maintenant de démanteler les sujets les plus marquants qui ont été soulevés et nous venons de les analyser. La discussion a eu lieu, comme nous l’avons mentionné ci-dessus, après une période d’absence – pour ne pas dire de vide – sur la scène médiatique officielle, autour des sujets du même genre à savoir la modernité et de la tradition et de leurs relations avec la démocratie et la modernité occidentale, où Talal Lahlou a appelé à une modernité découlant du contexte islamique et marocain, tandis qu’Assid s’est concentré sur la nécessité d’être libre des structures traditionnelles sans rompre avec l’identité, mais plutôt en les relisant. Assid a également insisté sur la nécessité de reconsidérer les valeurs familiales, en particulier en ce qui concerne le statut des femmes et des enfants et la justice au sein de la famille. De plus, le dialogue a soulevé le sujet de la chanson jeunesse du rappeur marocain « ElGrandeToto » et bien d’autres, où les deux interlocuteurs différaient par la liberté de l’art ou des valeurs étiques et morales dans l’art, entre le permis et l’interdit (Halal et Haram).
Afin de donner une évaluation équilibrée, impartiale et objective autant que possible, la force de Talal Lahlou réside dans la clarté des concepts, l’exactitude des citations, la profondeur de la comparaison entre les références, l’étendue de ses connaissances, en particulier à partir de sources occidentales et de références islamiques, et surtout sa clarté académique. Talal Lahlou a également fait quelques observations, car dans certains axes, il semblait technocratique, et il peut donner l’impression qu’il est loin de la réalité populaire ou des préoccupations quotidiennes. Quant à Ahmed Assid, il a soulevé des questions sensibles liées à l’identité, à la mémoire collective, et il a invité à une introspection critique au lieu de critiquer de la culture occidentale et de l’Autre. Alors que ses points négatifs étaient basés sur l’absence de référence statistique et historique précise, et une rhétorique qui tend à être générale et impressionniste.
Je pense que ces débats et dialogues sérieux sont importants, et qu’ils devraient être abondants et soutenus par des invités de plus grande envergure dans tous les domaines, car certes, ils constitueront un triomphe médiatique pour les médias marocains, qui connaissent un affaiblissement notable des programmes de débats constructifs, afin d’inverser cette tendance et renforcer la scène médiatique. Nous ne voulons pas voir l’une des parties « gagner ». En fin de compte, la vérité triomphe d’elle-même. Au contraire, il y a un besoin urgent de dialogues pleins de respect, de rationalité, d’analyse académique solide, de critique audacieuse, courageuse et constructive. Il s’agit de construire et de changer, car les discussions ne suffisent pas sans actions. L’objectif ultime est donc le triomphe de la nation.

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